lundi 26 septembre 2011

Passez votre chemin...

... car ce blog aussi éphémère qu'un papillon de nuit est mort de sa belle mort.

Pourquoi ? Parce que tout ce que j'écris ici, je peux clairement l'écrire ailleurs, dans un blog unique et multifonctions (un peu comme les canifs suisses ou les nouvelles imprimantes). Ce blog, c'est :

De l'aventure, de l'action, du sexe (euh... non),
de la musique, de la science-fiction, du cinéma
and... many more !

mardi 23 août 2011

[Concert] Murder et Timber Timbre aux Feeërieën

Le lieu se prête merveilleusement bien à ce genre de concert : il ressemble un peu à la Rotonde du Botanique, mais en mode inversé, et à l’extérieur. (En fait, à y réfléchir, ça n’a strictement aucun rapport avec la Rotonde – faut que je dorme la nuit, c’est tout.) Au crépuscule, le vieux kiosque à musique en fonte du Parc royal de Bruxelles, avec ses douze colonnes et son beau grillage vert orné d’oiseaux et de cors de chasse dorés, se pare des couleurs des lampes multicolores installées pour l’occasion dans les arbres alentour par l’équipe de l’Ancienne Belgique. Le ciel, d’abord bleu, devient menaçant en fin de soirée, mais ne cause aucun souci majeur. Une chance quand on sait que le matin même, un méchant cumulonimbus a recouvert la capitale, créant une nuit artificielle en plein jour et amenant son cortège d’averses et d’éclairs menaçants.

Nous sommes à une soirée des Feeërieën organisé par l’AB.
C’est en plein air et c’est gratuit.
Ce soir sur scène : Murder et les Canadiens de Timber Timbre.

Murder est un groupe danois fondé par Jacob Bellens et Anders Mathiasen, deux amis de longue date, rejoints ici par un discret contrebassiste. La composition est simple : Jacob – casquette vissée sur la tête et bouteille d’eau en main (?) – est  au chant. Le gaillard n’a pas besoin de jouer d’un instrument : sa voix très particulière est son instrument. Anders – blond, mince, plus élancé que son comparse – joue de la guitare et s’occupe parfois des backing vocals. Aucune pose, aucune fioriture, si ce n’est quelques blagues (du genre, vers la fin du concert : "You can sit down now", alors que tout le monde est assis). 

Le style ? Du folk ténébreux minimaliste, avec une voix grave qui fait directement penser à Johnny Cash. Rien de nouveau donc, mais des ballades simples et accrocheuses, des histoires à raconter... C’est majestueux comme un château de Fionie. Sorti en 2006, leur album Stockholm Syndrome, qui contient le très dépouillé "Naming the Demon" (voir ci-dessous) reçoit de très bonnes critiques de la part de la presse spécialisée et sera en outre encensé par Stuart Staple, le chanteur de Tindersticks, dont les Danois feront d’ailleurs les premières parties européennes en 2008. En 2010, sort l'album Gospel of Man (dont est tiré le "Providence" ci-dessous), qui reprend la même sombre recette.




"Féerique" est un mot qui correspond tellement bien au second groupe de la soirée, à savoir Timber Timbre, qu’on pourrait presque penser que le mini-festival a été organisé rien que pour lui. Quand Taylor Kirk, encapuchonné comme un moine, arrive avec sa guitare électrique et commence à chanter, battant la mesure avec une caisse à ses pieds, c’est l’envoutement immédiat. Avec aussi cette question lancinante : d’où vient ce gars et dans quel recoin de son corps va-t-il chercher cette voix possédée ? Celle-ci à quelque chose d’unique : souvent grave, avec des modulations soudaines vers les aiguës. Taylor Kirk a un don, c'est comme ça. La "légende" veut qu’il vienne d’un coin perdu de l’Ontario et qu’il ait composé, enregistré et autoproduit ses deux premiers albums tout seul ou presque, dans une cabane en bois.

Timber Timbre, c’est aussi deux autres personnes désormais : la violonniste Mika Posen (qui s’occupe également des claviers et de certains rythmes) et le guitariste Simon Trottier (qui officie entre autres à la lap steel et à l’autoharpe). Ensemble, ils arrivent à créer un univers bien à eux, combinant une musique atmosphérique à l’intersection du post-rock – ils sont Canadiens, ne l’oublions pas –, du blues et du folk.

Le groupe jouera de nombreuses chansons des deux derniers albums, Timber Timbre (2009) et Creep On Creepin’ On (2011), comme les superbes "Demon Host" ou "Black Water" avec ses chœurs épiques en fin de morceau (voir ci-dessous). Seul regret : celui de ne pas avoir entendu des mélodies provenant des deux premiers opus Cedar Shakes (2006) et Medicinals (2007). Ces deux-là avaient un son différent, plus amateur, ce qui n’était pas déplaisant pour l’amateur de lo-fi qui sommeille en moi. L’enregistrement était sans doute moins professionnel, l’instrumentation plus simple et la voix moins maîtrisée, mais les mélodies frappaient d’autant plus les esprits, justement : on s'en rendra compte avec des morceaux comme "As Angels Do", "It’s Only Dark" ou encore les très inspirés "UnderYour Spell" ou "Patron Saint Hunter".

Qu’importe : ce sera pour la prochaine fois, peut-être, lors de leur prochain passage.

 

 

dimanche 10 juillet 2011

La magie "Jim White"

Ce songwriter originaire de Pensacola (USA), à ne pas confondre avec le (très bon) batteur des Dirty Three qui porte exactement le même nom, est du genre "raconteur d'histoires", dans la lignée de Townes Van Zandt... Des histoires qui sentent bon les longues routes désertes, les villes fantômes et les stations-services du Sud des États-Unis... Bigre, il a l'air tellement sincère et sans artifice, seul avec sa guitare, que c'en est réellement désarmant...

Exemple avec "A Perfect Day to Chase Tornados" (Wrong-Eyed Jesus, 1997), une murder ballad touchante. Sometimes I think that the sky is a prison and the earth is a grave...


Un autre exemple avec le clip inquiétant de "Ghost Town of my Brain" (No Such Place, 2011) :

vendredi 8 juillet 2011

The Middle East, "Beleriand"

Voilà un groupe de folk/post-rock des Antipodes dont le premier album (I Want That You Are Always Happy) vient de sortir en avril 2011. Cela fait néanmoins plus de cinq ans que la formation existe et compose des trucs pas mal. La preuve avec cette mélodie qui commence dans une furie très "post-rock" pour prendre des accents beaucoup plus folk en cours de route. Le thème central de la chanson : la Terre du Milieu. Plein d'endroits et de noms tirés de l'univers de Tolkien sont cités (Beleriand, Barad-dûr, Elendil, etc.). (Album : The Recordings of the Middle East, 2008.)

mercredi 6 juillet 2011

Underground Railroad, "8 Millimeters" (live)

Un groupe de post-punk/indie rock français basé à Londres. Ici, on a droit à une version acoustique (HibOO d'Live) du très beau titre qui ouvre leur troisième album (White Night Stand, 2011). La version studio est un peu plus excitée. Le groupe prend son nom du "chemin de fer clandestin" qu'empruntaient les esclaves noirs aux États-Unis pour gagner leur liberté, en se rendant dans les états abolitionnistes ou vers le Canada...

lundi 4 juillet 2011

Joy Division, "A Means to an End"

Tant qu'on est dans la coldwave (voir la chanson d'hier), autant revenir aux racines du mouvement. Closer (1980) est le second album de Joy Division, paru après le suicide de Ian Curtis. Beat hérité du krautrock, voix caverneuse... La chanson est aussi joyeuse qu'un livre de Stig Dagerman lu pendant un dimanche pluvieux et semble faire référence à une relation (amicale ou amoureuse) assez bancale. I put my trust in you. I put my trust in you. I put my trust in you. I put my trust in you. 


dimanche 3 juillet 2011

The Horrors, "Sea Within a Sea" : le plagiat pour les nuls

Bon, d'accord, c'est pas mal, comme son, mais c'est quand même pas très original, hein... L'air du début est un gros plagiat du duo basse/batterie du vieux (1970) et splendide "Mother Sky" de Can. Quant à la voix, bah, c'est une sorte de Ian Curtis (Joy Division), mais en moins bien. Rien de nouveau donc, mais ils ont au moins le bon goût de copier les géants et de ne pas s'aligner sur la merde FM du moment. (Album : Primary Colours, 2009.)

"Sea Within a Sea" de The Horrors :


"Mother Sky" de Can (si vous n'entendez pas la ressemblance, je ne peux rien faire pour vous) :

vendredi 1 juillet 2011

The Moldy Peaches, "Steak for Chicken" et l'anti-folk

Une chanson à deux voix, vulgaire et jouissive, bourrée d'humour, parlant de sexe et de drogue toutes les 8 secondes. "We're not those kids, sitting on the couch..." Les Moldy Peaches ont eu le mauvais goût de sortir leur album (par hasard, forcément) le 11 septembre 2001. Par une drôle de coïncidence, on retrouve dans cette chanson la ligne : "Who fucked up that leaning tower?" et sur l'album la chanson intitulée "NYC's Like a Graveyard".

mercredi 29 juin 2011

Beastie Boys, "Sabotage" (live)

D'habitude plutôt hip-hop, les Beastie Boys nous donnent ici la preuve qu'ils savent joueur avec des batteries, des guitares et faire des trucs beaucoup plus hardcore, sans se prendre la tête. À voir : la démolition du clavier vers la fin du morceau. Le clip officiel de cette chanson, où les membres du groupe singent une série policière américaine lambda, est hilarant. (Album : Ill Communication, 1994.)

lundi 27 juin 2011

Metronomy : quatre vidéos pour rigoler un bon coup

Continuons avec du comique, du marrant, de la bonne humeur... Ces Anglais flegmatiques sont juste un peu cinglés. Juste un peu, hein... L'électro-pop n'est pas vraiment mon style musical mais leurs clips remplis d'un humour typiquement britannique ont réussi à m'arracher au bas mot trois fous rire en une demi-heure !

Pas besoin d'avoir fait quatre ans d'herméneutique contemporaine pour comprendre de quoi parle la chanson ci-dessous... Haaa, ces regards en coin sur la fille sexy et ces faux synthétiseurs... Délirant !


Idem pour celle-ci (ça tourne toujours autour des femmes, tsss...). Si vous venez de rompre, ça devrait vous remonter le moral :


Cette troisième vidéo est un trésor d'inventivité sur fond de "système karaoké" (mais où donc vont-ils donc trouver donc toutes ces idées donc ?) :


Enfin, tout récemment (sur The English Riviera, 2011), Metronomy vient de sortir un single au style très épuré : "The Look". C'est une nouvelle fois très marrant à regarder... Ces gens ne se prennent pas au sérieux, ça fait du bien !


samedi 25 juin 2011

Misteur Valaire, "It's All Good" : cinq Québécois à Trouville

Bon, assez de musiques déprimantes pour le moment... Pour cette fin de mois de juin ensoleillé (ou pas), je vous propose une série de vidéos musicales qui mettent la patate (comme dirait une copine)... Vous connaissez Misteur Valaire (MV) ? C'est un groupe de potes québecois qui viennent du monde du jazz mais qui jouent maintenant un peu de tout, notamment une forme assez joyeuse d'électro. Particularité de MV : leurs albums sont en téléchargement libre : vous pouvez télécharger leurs trois albums sur leur site Web "au prix que vous désirez". Un chouette modèle économique qui donne furieusement envie de leur donner de l'argent, justement. Ici, un morceau de leur album Friterday Night (2007).

vendredi 24 juin 2011

Tindesticks, "Dying Slowly" : l'alcool, c'est pas bon pour la santé

Je reviens d’un "film-concert" de Tindersticks au Bozar, invité par mon ami FBsr. Tout cela me ramène dix ans en arrière, lorsque ce "tube" (disponible sur l'album Can Our Love..., 2001) passait "en boucle" sur les chaînes musicales (pas si "tube" et pas si "en boucle" que ça en fait). Il s’agit de l’histoire très sombre d’un loser, qui noie son mal de vivre (et une déception amoureuse, semble-t-il) dans l’alcool (toute ressemblance, etc., etc.). On se croirait dans Nighthawks de Hopper. À un moment, le morceau prend de la hauteur dans une envolée lyrique purement tinderstickienne et c’est très beau !

jeudi 23 juin 2011

Eels : une preuve du génie en quatre vidéos

Mark Oliver Everett (alias "E") est un gars intelligent, plein d'humour noir et à l'ironie frôlant le cynisme. C'est le fils de Hugh Everett III (prononcez "The Third"), physicien touche-à-tout qui a travaillé sur la physique quantique, les univers multiples et les bombes nucléaires... Et qui était apparemment plus doué pour toutes ces choses que pour élever des enfants.

Mark Oliver Everett est le type derrière le groupe Eels (les autres sont plus ou moins interchangeables) et l'auteur de neuf albums studio reconnaissables à leur son particulier : en quinze ans, Eels a toujours tourné autour des mêmes thèmes et des mêmes mélodies (qui a dit "autour du pot" ?), pour notre plus grand plaisir (ou pas).

La meilleure manière de découvrir Eels, c'est de montrer les fabuleuses vidéos du groupe. Même si vous n'aimez pas la musique, vous resterez sans doute jusqu'au bout juste pour la vidéo. Les deux premières ci-dessous sont issues d'Electro-Shock Blues (1998), un album sur la mort : de la mère d'Everett, d'un cancer du poumon ; de sa sœur schizophrène, par suicide. Oui, ce n'est pas joyeux... Ce second album, peut-être le plus beau et le plus personnel de tous les albums d'Eels, est formé de deux parties : la descente aux enfers d'abord, puis la pénible remontée vers la vie (une thérapie à elle seule). L'album est à l'origine de deux clips totalement surréalistes et définitivement délirants, "Cancer for the Cure" et "Last Stop: This Town" : entre découpage de cornemuse et génie génétique sur carotte...



Deux albums plus tard, sur Souljacker (2001), Eels revient avec un clip ("Souljacker part I") qui pourrait servir de promotion sympa pour un hôpital psychiatrique :


Sur Hombre Lobo (2009), Mark Oliver Everett n'a pas changé. La preuve avec un clip ("That Look You Give That Guy") qui pourrait être la concrétisation d'une très belle histoire d'amour sauce MTV, mais dont la fin laisse comprendre une conclusion toute différente (toujours cet humour noir !). La situation décrite dans ce clip et les paroles me rappellent par ailleurs diverses situations personnelles, sauf que moi, je n'ai pas de chien (et heureusement !).


D'autres clips tout aussi géniaux sont disponibles sur Youtube... Sur des blogs comme celui-ci, apparemment, Vevo bloque la diffusion (mais quel intérêt ont-ils de faire ça ?).

mercredi 22 juin 2011

Lift to Experience, "These Are the Days"

"USA est le centre de JerUSAlem", entend-on au début de The Texas-Jerusalem Crossroads (2001), un double album de post-folk biblique, signé par un groupe éphémère : Lift to Experience... En plus, lexicalement, c'est vrai. Un album sous forme d'OMNI, "objet musical non identifié" : trois musiciens texans qui chantent sur les anges, la Bible et l'Apocalypse, sur fond de guitares post-rock saturées... Le chanteur, Josh T. Pearson, sort un disque halluciné tous les dix ans, mais quel album ! 


lundi 20 juin 2011

The Fitzcarraldo Sessions, "Alice and Lewis (ft. Moriarty)"

The Fitzcarraldo Sessions est le fruit d’une collaboration entre le groupe français Jack The Ripper et des musiciens d’origine diverse (comme Stuart Staple de Tindersticks ou, dans la présente chanson, Moriarty). Un album au compteur : We Hear Voices (2009). Le nom du groupe tire son nom d’un splendide film de Werner Herzog, que je vous conseille vivement.

dimanche 19 juin 2011

Starboard Silent Side, "The Cobbler" (live) : le plaidoyer d'un innocent

Un chanteur suédois du nom de Tij, trois musiciens français et l’ancien violoniste du groupe belge DAAU, rencontrés à Paris ou à Amsterdam, voilà la composition de ce groupe de folk prometteur. Leur premier album, Because Our Friendship Was Meant to Sail (2009), plein d'émotions, de mélancolie folk et de délicatesse, est de très haut niveau.

"The Cobbler" (chanson non reprise sur le susdit album) est une mélodie minimaliste (une guitare, une voix et des chœurs lugubres un peu "western") qui narre la pauvre histoire, mélodramatique, d’un "honnête citoyen" accusé d’un meurtre qu’il n’a apparemment pas commis. Le verdict est sans appel : la mort. Simple, tragique, superbe.

vendredi 17 juin 2011

Yann Tiersen & Shannon Wright, "Ode to a Friend"

"Oh my friend, can you help me? Why did I drink from the devil's hand?" Bon, d’accord, ce n’est pas une chanson très joyeuse mais je la dédie néanmoins à mon amie Léandra (c’est le genre de voix et d’instrumentation qu’elle devrait aimer)...

jeudi 16 juin 2011

Noir Désir, "L'Europe" : les sangliers sont lâchés

"Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain autoritaire, aristocrate et libertaire, bourgeoise et ouvrière..." Dernière chanson du dernier album de Noir Désir (Des visages des figures, 2001), "L’Europe" est une litanie de plus de 23 minutes, avec une Brigitte Fontaine en grande forme déclamant de courtes phrases surréalistes à la manière de Radio Londres ; avec un Bertrand Cantat faisant un constat glacé de l'état d’une Europe sans rêve à l’ère du néolibéralisme. "On chevauche pas Pégase, ça c’était pour l’extase, et l’extase, c’est fini." Grandiose !

mardi 14 juin 2011

Shellac, "A Prayer to God" : Dieu est-il un tueur à gage ?

"Au vrai Dieu, là-haut, voici ma prière..." : cette chanson de Shellac of North America (sur l'album 1000 Hurts, sorti en 2000) mérite une place de choix sur le piédestal du concours (encore à inventer) de "punk pour nerds". Le chanteur/narrateur est totalement remonté contre un couple et demande donc à Dieu de les tuer (bigre, mais que s'est-il passé ?). "Elle" de manière pas trop sadique (à savoir d'une maladie ou d'un coup sec) ; "lui", hé bien, euh, il faut juste le tuer ("just fucking kill him, I don't care if it hurts"). Je suppose que c'est le genre de "prière" que toute personne normale a déjà faite un jour dans sa vie... Non ?

Glauque, mais tellement salutaire.

Steve Albini, de Shellac, est surtout connu dans le monde du rock alternatif pour son travail de "producteur indépendant" : c'est lui qui est derrière In Utero de Nirvana ou, beaucoup moins connu, derrière Tweez de Slint... Une des chansons de 1000 Hurts, la terrible "Shoe Song" est d'ailleurs un hommage appuyé à "Good Morning Captain" de Slint, avec son fameux "I miss you" final.

dimanche 12 juin 2011

Slint, "Glenn" : mais où cela nous mène-t-il ?

Le groupe Slint a traversé la galaxie rock de manière fulgurante, avec deux albums et un seul EP. Le premier album, Tweez (reconnaissable à sa pochette en noir et blanc représentant un Saab sur une route boisée et hivernale et à ses titres reprenant les prénoms des parents des membres du groupe ou du chien du batteur) a été enregistré par le Steve Albini en 1987 et est sorti en 1989, sans faire beaucoup de vagues (faut dire qu'il n'est pas facile d'écoute, cet album, et assez bordélique). Leur second album, Spiderland, sorti en 1991, est une des pierres angulaires du post-rock, pour ne pas dire la pierre angulaire du post-rock : c'est la technique et la fureur déjà présentes dans le premier opus de Slint mais ici maîtrisée, ordonnée et contenue... J'ai passé mon temps à écrire une chronique complète sur Spiderland ici, donc je ne vais pas me répéter.

Après Tweez mais avant Spiderland, le groupe enregistra deux instrumentaux, "Glenn" et "Rhoda" (une version mieux foutue d'un titre déjà présent sur Tweez). Ces deux morceaux ne furent réunis qu'en 1994, après la mort du groupe, dans un EP intitulé simplement... Slint. Oui, pourquoi faire compliqué ? Dans "Glenn", on retrouve tout ce qui fera le succès critique de Spiderland : un morceau très contrôlé fait de progressions rythmiques et mélodiques qui ne mènent... nulle part. Le morceau tourne en rond, avec ses montées et ses descentes. À la toute fin, sur fond de mélodie répétitive et hypnotique qui en inspirera plus d'un (la première chanson qui me vient à l'esprit quand on parle de répétition "à la Slint" est la très belle "Corrupted Endeavor" du trop méconnu Jessamine), la guitare prend subtilement une tournure plus grave. "Subtilement", c'est le maître mot pour Slint : il faut vraiment écouter pour entendre.